Nous devons mettre une fin à notre histoire d’amour avec les antibiotiques

(EN) Notre histoire d’amour avec les antibiotiques commence en 1928 avec la découverte de la pénicilline. Depuis ce jour, nous les utilisons comme une panacée contre tout type d’infection bactérienne. Les antibiotiques nous ont permis de traiter des maladies infectieuses comme la méningite bactérienne ou l’angine streptococcique, autrefois incurables, et d’épargner à des générations entières la perte d’êtres chers.

Depuis lors, nous avons changé notre façon de les utiliser et, bien qu’ils se soient révélés efficaces contre nombre de maux dans le passé, leur utilisation de façon irresponsable nous empêche aujourd’hui de combattre aussi efficacement les maladies actuelles et futures. Lorsqu’ils sont pris correctement, les antibiotiques ont le pouvoir de sauver des vies, mais ils demeurent l’une des causes principales de la résistance aux antibiotiques lorsqu’ils sont utilisés de manière abusive ou inappropriée chez les humains, les animaux et les plantes.

Même si la résistance aux antibiotiques est parfois liée à des facteurs naturels, la prise d’antibiotiques à des fins autres que médicales ou sans raison n’aide à éliminer que les bactéries les plus faibles et permet aux plus résistantes de survivre, de s’adapter et de se propager. Lorsque nous prenons des antibiotiques pour des fins autres que celles prescrites, nous mettons en péril notre capacité à combattre une future infection, ce qui accroît notre vulnérabilité et porte atteinte à notre santé.

Les enfants, les personnes âgées et les personnes au système immunitaire affaibli sont les plus vulnérables, surtout en milieu de soins, car les infections se propagent plus facilement dans les espaces restreints si les mesures de prévention et de contrôle appropriées ne sont pas respectées.

Un autre facteur s’ajoute à la complexité du problème puisque de nombreux antibiotiques utilisés chez les humains le sont chez les animaux. De même que pour les humains, la prise d’antibiotiques chez les animaux n’élimine que les bactéries les plus faibles et permet aux plus résistantes de se propager entre animaux ou d’animal à humain. On retrouve en fait parmi les animaux un grand nombre de bactéries d’origine alimentaire, par exemple, la salmonelle et le colibacille, responsables de maladies chez les humains. Si ces souches résistantes de ces bactéries se propagent, elles peuvent présenter des risques importants pour les humains.

Nous avons appris énormément de choses depuis 1928, mais les Canadiens ont le devoir de mieux se renseigner sur la résistance aux antibiotiques et sur les mesures à prendre pour mieux s’en protéger.

« Nous avons tous des responsabilités personnelles envers le maintien de notre santé. En commençant par des gestes simples, comme garder ses mains propres ou adopter des mesures de contrôle des infections, par exemple tousser et éternuer dans sa manche, contribuerons à faire diminuer les risques de contagion. Lorsqu’on vous prescrit des antibiotiques, comportez-vous de manière responsable, en prenant la totalité de la dose indiquée par votre professionnel de la santé et en ne partageant jamais vos antibiotiques avec qui que ce soit», conseille le Dr Gregory Taylor, chef de la santé publique du Canada.

Si vous devez arrêter la prise de vos antibiotiques en raison d’une allergie ou d’un effet indésirable, consultez un professionnel de la santé pour obtenir un autre traitement et n’oubliez surtout pas de rapporter tous les médicaments non utilisés à la pharmacie qui se chargera de les détruire.

L’Agence de la santé publique du Canada a créé de nombreuses ressources pour aider les Canadiens à mieux comprendre l’utilisation des antibiotiques et le concept de la résistance aux antibiotiques. Vous trouverez ces renseignements à l’adresse www.canada.ca/antibiotiques.

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